Hernie Spiegel

La hernie de Spiegel est très rare mais elle existe ; elle est aussi appelée hernie ventrale latérale. Il s’agit d’une voussure plus ou moins permanente localisée sur la ligne de Spiegel. Cette ligne correspond au lieu d’entrecroisement des fibres musculaires des muscles obliques et transverses, au niveau du bord externe des muscles droits.

Cette ligne représente une zone de faiblesse ; si un orifice s’y crée, il peut s’y glisser du feuillet péritonéal avec un contenu graisseux ou digestif.

Son diagnostic clinique est parfois difficile si la voussure n’est pas franche ou si elle n’apparaît que lors de certains efforts; le scanner abdominal est souvent la clé du diagnostic ; il permet de déterminer la taille du collet et le contenu de la hernie.

Il y a un fort risque d’étranglement et d’incarcération (ceci signifie que le contenu de la hernie ne parvient plus à rentrer dans la cavité abdominale ; la réduction herniaire est impossible ; il y a un risque de souffrance des tissus que l’on dit étranglés, c’est à dire dont l’apport sanguin est compromis) d’où la proposition de réaliser un traitement chirurgical dès sa découverte.

La prise en charge chirurgicale se fait le plus souvent par laparoscopie avec trois, deux ou un seul trocart. Il y a toujours apposition d’un élément prothétique.

Le trocart de la caméra ou le trocart unique est placé en face de la hernie, sur l’autre moitié de l’abdomen, environ à la hauteur du nombril ; il mesure 10mm.

L’abord unique se limite à cette incision ; l’abord laparoscopique classique adjoint un ou deux orifices de travail de 5mm, de part et d’autre de l’optique.

L’orifice herniaire et repéré, vidé de son contenu et préparé sur ses bords pour pouvoir y placer un filet (ou prothèse). Ce filet est mesuré en fonction du diamètre du collet de la hernie, roulé et introduit dans l’abdomen. Il est ensuite placé au niveau de la paroi défectueuse, centré sur la hernie, et fixé par des agrafes chirurgicales endoscopiques sur son pourtour; il obstrue donc seulement l’orifice, sans que ce dernier soit fermé.

L’abord direct, ouvert ou par laparotomie, engendre une cicatrice de plusieurs centimètres, directement en regard de la voussure. La cicatrice est donc en regard de la hernie et non en face comme en laparoscopie. Il permet de préparer les tissus pour les rapprocher et donc fermer l’orifice herniaire, ce sur un élément prothétique.

Que l’on opte pour la méthode scopique ou ouverte, on place toujours une prothèse pour diminuer le risque de récidive.

Après la cure peuvent survenir ce que l’on appelle des séromes ; l’espace libéré par le contenu hernaire qui a été réduit dans la cavité abdominale se retrouve vide, déshabité : il peut être comblé par un liquide réactionnel séreux (liquide citrin) le corps détestant les espaces vides. Ces séromes disparaissent le plus souvent spontanément en quelques mois (résorption spontanée).

La période post- opératoire permet une reprise très rapide de la boisson et de l’alimentation (dès le réveil complet la plupart du temps). Par abord scopique mini- invasif, la diminution des contraintes pariétales diminue les douleurs post- opératoires et permet un retour à la vie active plus rapide.

L’abord laparoscopique apporte un avantage esthétique.

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